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Publié par nounoupascale.over-blog.com

La recherche d’un mode de garde est un combat

(par union nationale des associations familiales)

 Quatre cas de figure ont pu être déterminés

 

Les « chanceuses »..(2 personnes sur 8 dans notre échantillon)

Il s’agit des femmes qui :

 


- Soit ont eu la chance d’obtenir une place en crèche.

 
- Soit ont une place chez l’assistante maternelle qui garde leur premier enfant (généralement scolarisé). Elles sont alors prêtes à payer en partie l’assistante maternelle avant même que l’enfant ne soit né, pour « garder sa place ».

Mais ce cas de figure est plutôt rare du fait des déménagements fréquents à cette période de la vie des couples.

 

- Soit trouvent une assistante maternelle « recommandée par une relation ».

« J’avais beaucoup de freins au départ mais celle-là, je l’ai connue par le biais d’une connaissance. Elle m’avait l’air bien, douce, attentive. »

 

Les « battantes »..

Elles n’ont pas de place en crèche, elles ne connaissent pas particulièrement d’assistante maternelle. Elles vont donc rencontrer de nombreuses assistantes maternelles de la liste fournie par la PMI, sans se décourager.

« J’en ai vu 20. Pour certaines, j’hallucinais. Elles n’étaient pas propres, odeur de tabac, cuisine dégoûtante. »

Elles se rassurent face au choix final parce qu’elles ont eu une bonne « intuition », qui génère la confiance envers l’assistante maternelle rencontrée :

« Si c’est propre, avec un bon cadre de vie, qu’on a confiance, qu’on a le feeling . »

 

Le choix de l’assistante maternelle repose en fait largement sur les mères. Les mères sont souvent seules face à cette responsabilité : tout repose sur leur « feeling ».

Certaines le revendiquent, d’autres n’arrivent pas à l’assumer comme nous le verrons par la suite.

Les pères peuvent jouer un rôle important à ce moment là, de dédramatisation, pour aider au choix.

« Il connaît la personne. Il voit qu’elle est gentille. Il pense que cela ne peut que bien se passer. »

 

Un des critères primordial qui rassure au moment du choix, c’est l’attitude de transparence de l’assistante maternelle, d’ouverture, prouvant qu’elle n’a rien à cacher.« Cela ne l’a pas dérangé que je vienne à l’improviste. »

 

Cette transparence peut permettre qu’une relation de confiance (« lubrifiant » des relations sociales comme le dit Catherine BOUVE2) entre la mère et l’assistante maternelle commence à se créer.

 

Les « système D »Par exemple : en milieu rural quand les assistantes maternelles ne sont plus libres.

Certains parents n’ont aucun choix.

 

Ou certains ne souhaitent pas que leur enfant soit gardé par une assistante maternelle. La seule solution est alors de jongler entre le temps partiel, la garde par les grandsparents, les voisins…

 

C’est ce qu’elles ont appelé « le système D »  :

« La maman d’une amie va me la garder. Je sais à qui je la confie. Elle va me dépanner. Mais elle ne peut pas le mercredi alors j’irai à la halte-garderie. Mais elle ferme à l’heure du déjeuner. Alors je vais devoir revenir du bureau pour le déjeuner. »

Certaines vont jusqu’à jongler dangereusement telle cette mère qui travaillait de nuit et gardait son enfant le jour et qui donc n’avait plus de moment pour dormir.

« J’étais à mi-temps 70h/mois, je travaillais la nuit, 7 nuits par mois, j’avais pas mal de repos. Mais quand je travaillais la nuit, avec la garde de Clémence dans la journée, j’étais épuisée physiquement et moralement. Surtout qu’en août j’ai dû faire des nuits supplémentaires, car il y avait moins de personnels. » Le « système D » peut même être encouragé par les services de la mairie ou de la PMI, à cours de solutions.

 

Les « abandonistes »

Ce sentiment d’inquiétude face au choix « assistante maternelle » qui s’ancre principalement dans le fait de devoir laisser son enfant seul avec une personne que l’on ne connaît pas « On referme la porte et on ne sait pas ce qui se passe », explique que certaines femmes abandonnent la recherche.

 

La réponse négative concernant une place en crèche fait qu’elles ne vont pas reprendre leur emploi, quitte à donner leur démission quand elle n’ont pas droit au congé parental.

« Parce que je n’avais pas de place en crèche. Je suis passée en commission. On n’était pas prioritaire. J’ai pas eu la possibilité de pouvoir reprendre mon travail en temps et en heure. C’était une grande liste d’attente, mon dossier a été complètement refusé, en disant : par manque de place, étant donné que je n’étais pas prioritaire de rien du tout. Alors, j’ai pensé à la nourrice. Mais justement : j’ai pensé mais ça n’a pas abouti. Parce que je ne voulais pas. Ca m’embêtait énormément de laisser mon enfant à une nourrice. Parce que : pas confiance, parce que, le fait que ça ne soit pas entouré de tout un cercle de personnes formées, je ne sais pas, il y a peut-être moins d’oeil sur elle, pour s’occuper de mon fils, c’est le gros gros manque de confiance. J’ai préféré carrément poser ma démission et puis chercher dans 3 ans, que de le laisser. »

 

Plusieurs facteurs expliquent ce découragement face au « combat » pour la recherche d’un mode d’accueil rassurant.

 

Les femmes rencontrées cumulent souvent :
- un emploi peu rémunérateur (mais pas forcément dénigré) et aux horaires décalés ou irréguliers,
- un sentiment de solitude (elles ont déménagé dans des régions où leurs parents ne sont pas présents, où elles ne connaissent personne, ou encore elles ont peu de famille),
- et surtout une fusion avec leur bébé particulièrement importante et une « angoisse de séparation » : « Même à ma soeur, je n’arrive pas à le laisser »… qui peut trouver sa source dans l’histoire de vie de ces personnes. Il est cependant important de noter que ces femmes avaient au départ envie et besoin de continuer à travailler.

« Je perdais mon travail, je perdais quelque chose qu’au final j’avais galéré pour l’avoir, j’ai fait une formation, je me suis battue pour avoir ce diplôme. C’est le premier diplôme qui me permettait en plus de rentrer dans quelque chose qui me valorisait pour moi, parce que travailler auprès de la personne âgée, c’est un travail très valorisant, difficile mais très valorisant. »

En outre, elles auraient pu laisser leur enfant dans une crèche. La crèche n’aurait pas empêché la difficile séparation, mais elle aurait été compensée par le fait qu’elle est perçue comme particulièrement bénéfique pour l’enfant (éveil, socialisation). Plus tard, du fait d’une grande proximité de la mère et de l’enfant, l’entrée à l’école maternelle pourra être perçue comme difficile. Quand les parents ont un second enfant, la solution « halte-garderie » pourra alors être perçue comme bénéfique pour une socialisation avant l’entrée à la maternelle.

Les freins a priori concernant la garde par une assistante maternelle sont ancrés dans un imaginaire collectif négatif

Les freins concernant la garde par une assistante maternelle, une « nounou » comme disent les parents, proviennent de plusieurs facteurs :

 

La peur, par principe, de laisser son enfant à « une étrangère », avec un entourage inconnu. Mais aussi une figure « inquiétante » de l’assistante maternelle qui persiste dans l’inconscient collectif. Le terme « nounou » que les mères utilisent, diminutif de « nourrice », n’est pas neutre et rappelle la « mise en nourrice » à la campagne, à une époque où la mortalité infantile était importante et où les mères ne contrôlaient pas ce qui se passait chez ces nourrices.

 

Les craintes collectives vis-à-vis des assistantes maternelles sont alimentées par :

- Des « on-dit ».

« On entend beaucoup de choses. Les femmes qui ont des enfants petits changent de nounou plusieurs fois par an. Il y en a une qui laissait les enfants pour promener son chien. »

- Et la médiatisation des cas de maltraitance.

 

L’image des assistantes maternelles en général (surtout à Paris et Région parisienne, mais pas uniquement), enfin ce que les parents en voient quand ils ne les connaissent pas, est souvent négative.

« Les nounous ne sont pas bien dans ma ville, elles ont des comportements que je n’aime pas. »

 

Elles sont perçues :
- comme n’ayant pas forcément « la vocation »,
- comme ayant souvent choisi ce métier pour des raisons de confort (rester à la maison) et des motifs financiers,
- comme peu souples, exigeantes, - comme peu formées, pas contrôlées…

« Y a de l’argent à faire en restant à la maison ». « Elles n’ont pas la fibre. »

 

La pénurie de mode d’accueil fait que « le pouvoir » est perçu comme étant entre les mains des assistantes maternelles, les parents n’ayant plus qu’à se plier à leurs exigences (notamment les dates de vacances).

 

« Il y a de l’abus à cause de la pénurie. » « Eté, printemps, automne, elle sort pas. Elle nous dit, c’est comme ça. »

De surcroît, les mères imaginent que les quelques assistantes maternelles qui sont « bonnes » sont déjà prises. La liste d’assistantes maternelles libres fournie par la PMI ne concernerait donc que les « mauvaises » assistantes maternelles.

 

L’agrément n’est pas perçu comme une garantie.

Il ne semble porter que sur des éléments matériels (taille du logement, propreté…), certes importants, mais non essentiels car surtout devraient compter l’amour des enfants, la vocation et les compétences « petite enfance ».

 

La formation est perçue comme très insuffisante. Le contrôle est perçu comme inexistant puisque les assistantes maternelles sont toujours prévenues de la visite de la puéricultrice de la PMI.

 

L’accueil par une assistante maternelle est perçu a priori comme très cher.

Les parents ne savent pas, avant d’en avoir eu l’expérience, à combien leur reviendra exactement la garde de leur enfant par une assistante maternelle.

Ils ignorent souvent l’existence du complément de mode de garde et ne semblent prendre en compte que le prix affiché par l’assistante maternelle.

 

L’image négative des assistantes maternelles peut par ailleurs s’appuyer sur des expériences négatives réelles  : certains parents interrogés ont dû changer d’assistante maternelle.

Les reproches faits ne sont pas toujours anodins : les parents changent d’assistante maternelle principalement quand celle-ci semble ne pas aimer leur enfant (du constat de critiques incessantes envers l’enfant taxé de « difficile », voire « anormal », au soupçon d’une véritable « maltraitance »).

 

Parfois, enfin, les professionnels (PMI) qui conseillent les parents ne les rassurent pas non plus. Le discours officiel est perçu comme ambivalent.

 

Le vécu de la garde de l’enfant par une assistante maternelle engendre un renversement complet de discours

EN RÉALITÉ : Dans la majorité des cas, l’accueil de l’enfant chez l’assistante maternelle va cependant très bien se passer.

La relation personnelle qui va se nouer entre les parents et l’assistante maternelle finalement choisie va « sauver » l’image qu’on en avait.

 

L’assistante maternelle est alors perçue comme « exceptionnelle » et le discours pour la qualifier peut devenir particulièrement grandiloquent : c’est « la perle rare », qui, elle, est souple, active, éveille les enfants…« Je suis bien tombée. Très bien, personne adorable. Disponible. On a fait un contrat. C’est comme une crèche chez eux. Tout est fait pour les enfants. Elle est cool pour les horaires. Ma fille est super heureuse ».Le signe que tout va bien est que l’enfant est heureux d’aller chez elle.

 

« J’ai trouvé la perle rare. Très satisfait, une assistante maternelle exceptionnelle, une fille très sociable, très pro, très attentionnée, une patience incroyable. »

 

L’assistante maternelle est alors perçue comme une deuxième mère, cette relation maternante (parfois perçue comme un peu trop « exclusive » et étouffante) étant particulièrement appréciée des parents quand l’enfant est petit.

Notons ici encore que ce terme de « nounou / nourrice » renvoie à l’image de l’allaitement, de la fonction « nourricière » de la mère. L’image de l’assistante maternelle est donc toujours très liée à celle de la mère (bonne ou mauvaise).

La solution perçue comme idéale, quand il grandit, est de coupler la garde par une assistante maternelle à une halte-garderie ponctuelle.

Les Relais Assistantes Maternelles sont aussi particulièrement appréciés : l’enfant connaît des moments « en collectivité », l’assistante maternelle est soutenue.

La crèche collective est perçue a priori comme toujours parfaite

 Les parents les perçoivent comme des professionnels de la petite enfance, motivés et formés, qui savent garder la bonne distance (ni trop maternants ni trop froids).

« C’est une équipe : c’est plus rassurant, on a plusieurs personnes qui ont fait ça par vocation. Donc c’est mieux, il y a un directeur, des auxiliaires de puériculture. Les structures sont adaptées pour ça. »

 

La crèche est perçue comme épanouissante pour l’enfant, rassurante pour les parents. Les inconvénients tels que le bruit, le risque de maladie sont à peine évoqués.

 

Pour les parents qui l’ont expérimentée…  : les quelques critiques n’arrivent pas à diminuer la perception que la crèche est le meilleur mode de garde possible pour l’enfant.

 

Les critiques portent principalement sur la fermeté des principes éducatifs du personnel de crèche ou du règlement intérieur, qui peut tendre à la « rigidité ». Ou sur certaines personnes perçues comme peu motivées… mais l’accueil collectif rassure.

Les autres modes de garde sont méconnus

Il existe une certaine variété dans l’offre d’accueil de l’enfant, mais les parents ne les connaissent pas toujours.

Les crèches parentales sont peu connues et engendrent certaines méfiances du fait de la présence des parents « non spécialistes » pour garder les enfants.

Leur principe des crèches d’entreprise est particulièrement apprécié : une solution perçue a priori comme quasi idéale, notamment pour mieux gérer la séparation, car il semble possible de voir son enfant pendant des moments de pause. Mais le transport peut être perçu comme un problème pour certains, à Paris.

Les entreprises de crèches sont peu connues et les parents les associent aux crèches d’entreprise. Les a priori sont plutôt positifs. Seule une personne ayant eu l’expérience de ce mode de garde souligne la nécessité de défendre son point de vue de parent (« créer un collectif de parents »), la qualité de l’accueil… face au « lucratif ».

La garde partagée à domicile est perçue comme compliquée à mettre en oeuvre, car il faut s’accorder avec l’autre famille, et chère.

Les avantages pour les nourrissons qui restent ainsi dans leur cadre, la praticité pour les parents… ne sont pas perçus d’emblée. Et certains parents ont des réticences à faire entrer quelqu’un qu’ils ne connaissent pas dans leur domicile.

La possibilité de s’occuper de son enfant après la naissance est appréciée mais là encore le sentiment des mères n’est pas celui d’une vraie liberté de choix

Le congé maternité est perçu comme beaucoup trop court, « inhumain ».

« C’est bien trop court les trois mois, on doit le laisser alors qu’il tient à peine sa tête. » En plus, il est en contradiction par rapport aux recommandations concernant l’allaitement (les deux demi-heures accordées pour l’allaitement sont perçues comme inadéquates).

Les mères déclarent donc tout faire pour allonger ce congé : vacances, RTT, congés maladies pour dépression post-natale « de complaisance ».

 

Le congé parental est perçu comme appréciable mais n’offrant pas un véritable choix du fait du faible montant de l’indemnité. La possibilité de bénéficier d’un temps partiel est très appréciée par les mères.

Les parents attendent à la fois un accompagnement, des solutions concrètes et une qualité accrue de certains modes de garde

Les parents souhaiteraient être accompagnés pour trouver une solution de garde de leur enfant :

 

- Un conseil sur les différentes solutions car ils ne les connaissent pas.
- Un accompagnement personnalisé dans la recherche d’un mode de garde. Ils sont en attente d’un discours officiel sur l’accueil de la petite enfance.

Trop de points leur semblent obscurs, pas clairs, ce qui laisse une large place à la rumeur.

 

Ils sont en attente d’informations officielles sur l’obtention d’une place en crèche : comment procéder, quels sont les critères de choix des commissions, quel est le coût ?

 

L’attente porte également sur l’accueil par une assistante maternelle : quels sont les critères concernant l’agrément, quel est le contrôle, le suivi effectué par la PMI, quel est le coût …

 

Le site http://www.mon-enfant.fr de la CAF montré aux parents a été particulièrement apprécié. La caution de la CAF peut rassurer concernant le sérieux des assistantes maternelles dont figurent le nom et l’adresse. Il leur manque cependant une possibilité de communiquer avec d’autres parents.

 

Les parents attendent au final la mise en place d’un véritable « service public de la petite enfance », c’est-à-dire qu’il y ait une solution de garde garantie pour chaque enfant qui naît (quand les parents souhaitent continuer à travailler) : un droit à la garde d’enfant.

 

« Ce qui serait bien, c’est qu’on n’ait pas à stresser qu’on sache avant la naissance où il ira à 3 mois : la place, la personne attitrée. »

 

Pour certains parents cependant : il devrait s’agir simplement d’une suggestion… et non d’une solution rendue obligatoire pour les parents. La liberté du choix doit être maintenue.

 

Les parents souhaitent une professionnalisation et une meilleure sécurisation de la garde par les assistantes maternelles :

- qu’elles aient une formation type CAP petite-enfance 3,
- qu’il y ait un vrai contrôle de la part de la PMI, ou par des « psy » :

« Il faudrait compléter l’agrément par des entretiens psychologiques »,
- que les RAM soient rendus obligatoires,
- qu’elles soient mieux encadrées (la solution crèche familiale apparaissant comme idéale).

lien : http://www.unaf.fr/spip.php?article8784

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