la vie professionnelle d'une assistante maternelle qui pose des questions et cherche des réponses
5 Janvier 2012
Je l'ai lu avec intéret sur le dernier assmat, et c'est une interprétation du rapport rédigé par les chercheurs
du conservatoire national des arts et métiers, c'est une vraie réflexion sur ce qui ne se dit pas sur notre métier.
déjà, bravo, car cela je pense devrait faire évoluer nos conditions : si on se met à parler des problèmes, on risque de chercher les bonnes solutions.
par exemple, contrairement à nos collègues qui travaillent dans une structure collective, nous n'avons personne qui nous protège, qui nous couvre lorsque l'on rencontre des soucis.
ni la pmi ni le ram ne prennent jamais position, du coup nous devons nous dépatouiller nous-mêmes avec les parents qui sont nos seuls employeurs. la pmi est plutôt ressentie comme une barrière que comme un appui, on parle le moins possible de nos problèmes car nous avons peur d'être mal jugées au lieu d'être comprises. personne n'a envie de perdre son agrément, déjà que l'obtention de celui-ci dépend en grande partie de la relation échangée avec la personne qui nous examine, des tas d'exemples d'abus de pouvoir sont rapportés, les agréments sont accordés parfois suivant les humeurs et les critères ne sont pas les mêmes suivant la ville où l'on postule, l'ouverture ou la fermeture d'esprit des uns et des autres.
on nous accorde bien un agrément mais les chercheurs ont constaté que les normes qui sont évaluées ne sont qu'une face de l'iceberg = notre travail est si complexe que personne ne peut le définir clairement.du coup on regarde surtout la sécurité.
car notre métier a un sacré challenge à relever, dont personne n'a réellement conscience : au fil du temps nous tissons des relations fortes avec les familles des enfants accueillis, sans parler des enfants eux-mêmes. et ces émotions transforment la façon d'appréhender la capacité d'exercer le métier.
tous les paramètres sont fluctuants, autant le caractère de l'enfant à un moment donné,(car un enfant peut changer souvent son comportement) comme celui de ses parents qui vivent eux-mêmes des changements dans leurs relations familiales, et il faut tenir compte des glissements d'humeurs lorsque l'on met en commun plusieurs cultures chez une assistante maternelle qui doit tous les jours recomposer avec des inconnues.
sans parler de sa façon de travailler dans son domicile -qui appartient au reste de la famille- et le logis qui doit retrouver tous les matins un aspect sécurisant, il faut veiller constamment à remettre en ordre et effacer les traces de vie familiale. du coup les Mam voient le jour, c'est une solution qui permet de séparer le domicile et le travail, de partager le temps de présence entre plusieurs ass mat.
L'idée de cette étude qui a duré 12 mois c'est de démontrer que nous travaillons dans l'ombre et que nous aurions besoin de davantage de lumière.
Nous sommes mal reconnues parce que personne ne fait de travaux de recherche, et beaucoup de parents qui ne sont pas du tout au courant du métier, font un mauvais choix quand ils recrutent leur employée, ils choisissent quelqu'un de confiance et ils confient en réalité une mission sanitaire, éducative, développer psychologiquement et épanouir, il faut des compétences techniques et relationnelles pour une relation intime avec l'enfant en priorité.Ils s'aperçoivent souvent de leur erreur quelques mois trop tard et n'osent pas casser le contrat pour éviter un changement à l'enfant. du coup ils sont exaspérés.
Les assistantes maternelles ne sont pas encadrées comme les auxiliaires qui travaillent en crèche, elles doivent présenter un logis propre, mais ne pas faire le ménage pendant la garde, elles doivent toujours avoir l'air joyeux de recevoir tous les enfants, et par le contrat l'assistante maternelle impose au parent des conditions qui sont très souvent transgressées au niveau du dépassement des horaires, elles doivent faire les courses et cuisiner en dehors des temps de garde, mais si l'enfant ne vient pas le parent oublie de rembourser le repas qui n'a pas été consommé.
A chaque fin de contrat, l'assistante maternelle se doit de démarcher pour retrouver un nouvel accueil, recevoir les parents de nombreuses heures d'entretien. et à chaque départ il faut restructurer toute l'organisation du travail qui est déstabilisée.
car il y a toute une organisation dans le travail que personne ne voit.Si on veut faire face à tous les aléas qui se produisent dans une journée, il faut imaginer plusieurs scénarios possibles et avoir des solutions de rechange immédiates.
Les parents ont parfois des souhaits qui ne facilitent pas la vie en communauté (par exemple les enfants aiment bien avoir tout pareil que les copains, et alors l'assistante maternelle pour respecter le voeu de ses employeurs se retrouve devant des pleurs à gérer inutilement quand les parents n'ont pas les mêmes choix éducatifs).
Dans la formation on nous dit de mettre une distance avec les enfants alors qu'en pratique on développe la proximité pour mettre l'enfant en confiance. pour mettre un enfant suffisamment en confiance, il faut connaitre beaucoup de lui, il faut le ressentir.
Les chercheurs disent qu'il faudrait à nouveau que les ass mat aient le droit de faire des actes de la vie quotidienne pour rappeler le cadre familial, tandis qu'actuellement comme les ass mat souffrent du manque de considération par rapport à la garde en crèche, elles cherchent plutôt à copier ce qui se fait dans les collectivités, au niveau des activités que l'on peut montrer aux parents.
je confirme que les parents aiment que l'on s'occupe de leur enfant au niveau de l'éveil, et moi je préfère une ass mat qui fait des activités plutôt que mon enfant grandisse auprès d'une femme qui n'est pas sa mère mais qui ferait comme si elle l'était. la femme jouerait mon rôle à ma place. ça ne me plairait pas du tout.mais la femme en question aurait la vie plus simple si elle se cantonnait comme dans le temps à une gestion domestique de l'accueil.
Ensuite ils disent que les ass mat souffrent de la solitude et n'ont pas les moyens d'exprimer leur ressenti quand les enfants suscitent des sentiments ambivalents qui vont de la joie à l'exaspération. ils proposent que les ass mat pûissent vider leur sac, dans les ram par exemple.
perso je ne me vois pas aller me plaindre dans un ram de ce que je vis mal, j'aurai l'impression de trahir le secret professionnel. et aussi j'aurai bien peur qu'on ne remplisse une feuille avec des croix et qu'au bout de tant de croix on me demande si je me sens compétente ou dépassée. si je dois aller dans un ram pour ne parler que de ce qui va bien, ou faire semblant que tout va bien...
la conclusion, c'est qu'il y a actuellement beaucoup trop de freins à la valorisation de la profession.
mais encore ? grâce à cette étude, on reconnait que le métier de l'assistante maternelle est difficile car il a bien trop de paramètres compliqués impossibles à controler et épuisant pour la personne qui veut le pratiquer à la façon d'une collectivité qui possède le personnel de ménage, de cuisine, un éducateur jeunes enfants pour gérer les activités et des auxiliaires de puériculture pour assurer les accueils, un directeur pour signer les contrats, une comptable pour rédiger les fiches de paie, des animateurs pour faire le sport et un budget pour les sorties culturelles.
Le bâtiment aura
Le coût des investissements est estimé à 1 139 403 € TTC.
La capacité d’accueil sera de 30 places (contre 18 actuellement) - premières places en accueil régulier en collectivité sur le territoire de la CCSD
on a compris que l'assistante maternelle dégage un coût de revient bien moins onéreux que le fonctionnement de la crèche et on souhaite le développer, donc on imagine comment le simplifier.
On a entendu le point de vue des ass mat. il faudrait pour avancer, savoir à présent ce que souhaitent les parents pour l'accueil de leur enfant, sinon, si on oublie de poser la question, on retournera dans un mur. Que souhaitent les parents ? et comment développer ce mode de garde économique pour les parents et pour la collectivité, comment simplifier notre tâche, comment susciter un engouement pour ce métier, qui est passionnant même avec tous ses travers ?
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